Pourquoi les bretons paieront (très) cher une intervention en Iran

Washington Post. En début de Février, le Secrétaire américain à la Défense Léon Panetta estimait qu’un conflit entre l’Irak et Israël pourrait avoir lieu au printemps. Vous me direz, quel rapport avec la Bretagne ? J’explique.

La Bretagne dépend toujours de la France (dépendance est LE mot) et importe du Pétrole par le biais de la France.

La France importe d’Iran 3 % de ses besoins annuels en pétrole brut. Vous allez me dire « c’est peu, insignifiant ». Oui, seulement l’Iran ne vend pas EXCLUSIVEMENT à la France qui représente environ 6 % des ventes pétrolières iraniennes et la France importe une bonne part de son pétrole de pays avoisinants. Imaginez maintenant un conflit entre l’Iran et Israël, les USA, l’Angleterre ou tous à la fois…

L’Iran a récemment annoncé qu’en cas de conflit, elle bloquerait militairement le détroit d’Ormuz où transite près de 40% du trafic maritime pétrolier mondial ; or 35 % des importations pétrolières françaises passent par ce détroit , d’une part ; et d’autres part l’incidence sur le prix du baril sera catastrophique, faisant bien entendu monter les prix à la pompe, à votre pompe !

Résumons : 1 tiers du pétrole en moins, en France, donc en Bretagne idem. A combien pouvons-nous estimer, sur ce seul fait, l’augmentation du prix à la pompe ? Vous pouvez vous remettre au vélo, 3ème sport en Bretagne !

Maintenant, ajoutez les répercutions des augmentations du prix du Baril sur les marchés mondiaux : je vous conseillerai vivement de faire le plein de quelques bidons en attendant de jours meilleurs…

Vous me rappellerez alors à mon sujet, qui est le rapport entre les conséquences d’un conflit armé au moyen-orient mêlant l’Iran, et le rôle breton dans tout ça ? Mais aucun ! C’est le problème, justement. Ce sont les français qui ont décidé pour nous d’où notre pétrole proviendrait, quelles solutions technologiques nous utiliserions pour les transports, l’agriculture etc.

D’autres configurations étaient possible, et le seront encore à l’Avenir. Pour lors, nous sommes pleinement dépendants. Volonté populaire ? Non. Volonté économique ? Encore moins. Volonté de développement ? Surement pas. Main-basse des jacobins extrémistes sur des néo-baronnies en Bretagne, petites-mains de l’effort commun centralisateur ? Oui, clairement et dans bien d’autres domaines encore !

L’Ecosse produit du Pétrole, à tel point qu’elle peut aujourd’hui devenir indépendante fièrement sans besoins particuliers de marchandages avec le Royaume-Uni. Nation celtique comme la Bretagne, je ne vais pas vous faire un dessin sur nos amitiés et nos possibilités économiques… sans parler des avantages tarifaires dont nous pourrions bénéficier ; en important de pays d’Europe du Nord (dans laquelle nous sommes qualifiés) proches plutôt qu’à plusieurs milliers de kilomètres comme actuellement depuis le Moyen-Orient.

Je terminerai mon analyse en y ajoutant le cas russe, qui comme chacun sait a un pouvoir d’influence empirique sur « l’ancien bloc soviétique » :

– la France importe 33 % de son pétrole de l’ex-URSS

– la Russie soutient l’Iran. Pik, echu.

Vous n’êtes pas trop cons, vous avez compris où je voulais en venir !

Je résume :

– 3 % du pétrole français, importé d’Iran, coupé.

– 35 % du pétrole français, importé du Moyen-Orient et Afrique de l’Est, coupé.

– 33 % du pétrole français, importé de l’ex-URSS, coupé.

Et si la Bretagne était indépendante ? Autonome du moins ? Si nous avions pu décider de ne pas dépendre autant de pays hostiles, mais de nos proches cousins, amis, presque « famille » ? Israël prévoit un conflit en Iran d’ici à 6 semaines. Nos cousins écossais lancent actuellement des rapprochements économiques avec les pays scandinaves producteurs de pétrole. Autant dire dès à présent que l’Ecosse « pilotera » un important lobby pétrolier européen ; fort de ses rapports privilégiés avec le Canada et les USA. Demain, l’Ecosse sera le nouveau « dragon celtique », plus durable que le « tigre celtique irlandais ». Pendant ce temps, nous restons hyper-dépendants de la France, de sa diplomatie, ses connections politiques et économiques historiques (« ses colonies », en politiquement correct) en matière énergétique ; à cause de certains politiciens locaux, faisant de nous le « toutou celtique ». Si la France coule, nous coulons. Dommage, non ?

Je vous laisse réfléchir…

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