Bretagne: devenir conducteur routier en étant handicapé est désormais possible !

C’est une première. Les conducteurs routiers en situation de handicap en cours de contrat de travail suite à un accident ou une maladie, vont pouvoir reprendre la route… Les personnes handicapées souhaitant valider un projet pour devenir conducteur routier vont pouvoir s’initier à ce métier…

François Massolo, délégué régional de l’Agefiph Bretagne, Anthony Rouxel, délégué régional de la Fédération nationale des transports routiers et Philippe Plantard, délégué régional de la Fédération nationale des transports de voyageurs ont signé ce matin une convention de partenariat au centre de formation AFT-Iftim à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine). Ils mettent en place un dispositif permettant à la personne en situation de handicap d’accéder aux métiers de conducteur routier. « Ce dispositif propose une mise en situation sur un simulateur de conduite, entièrement équipé et adapté, sur le site de l’AFT-IFTIM à Cesson-Sévigné, explique François Massolo. C’est aussi une équipe pluridisciplinaire qui accompagne la personne, vérifie les capacités et valide son projet professionnel. C’est enfin une vérification en situation professionnelle de conduite réelle sur des véhicules aménagés. »

L’engagement de Lahaye à Vern-sur-Seiche

« En 2006, l’Agefiph Bretagne a été sollicitée pour des demandes individuelles d’aménagement de poste de conduite dans le cadre du maintien dans l’emploi dans le secteur du transport, se souvient Laurent Pottier, chargé d’études à l’Agefiph Bretagne. Dans le cadre de la loi de 2005, les entreprises du transport sont soumises aux mêmes obligations en matière d’emploi de travailleur handicapé. C’est grâce aux transports Lahaye de Vern-sur-Seiche et à son dirigeant que le projet a vu le jour. » Deux ans plus tard, une personne pouvait accéder au permis de conduire poids lourds marchandises et être recrutée par l’entreprise Lahaye et, en octobre 2010, une première convention de partenariat était signée entre l’Agefiph Bretagne, la FNTR et la FNTV Bretagne sur l’accès au métier de conducteur routier pour les personnes handicapées. Une assistance à maîtrise d’ouvrage est alors lancée, pilotée par Yves Deniaud de Catalys Conseil, pour lever tous les freins législatifs, administratifs, pédagogiques, culturels et organisationnels. Un parcours type est élaboré, étape par étape, pour bien identifier les points clés et coordonner les différents acteurs.

Les centres de formation s’équipent

En 2011, les centres de formation de Bretagne commencent à s’équiper progressivement en véhicule école (porteur, autocar) avec des boîtes robotisées ; c’est le cas de l’AFT-IFTIM, de l’AFPA, de FORGET Formation… En avril 2012, après une étude réalisée par le Centre de Kerpape à Ploemeur, le simulateur de conduite de l’AFT Iftim devient accessible : il est aménagé avec le matériel de compensation préconisé par les experts de Kerpape. Les premiers candidats expérimentent l’équipement au forum emploi handicap qui a lieu à Brest en mai 2012. En septembre dernier, est créée la Prestation évaluation des capacités fonctionnelles à la conduite qui va permettre de valider les différents outils de compensation mis en œuvre. Les premiers candidats commencent à se faire connaître…

Témoignages

Emmanuel Nicol, 33 ans : « Je suis magasinier-cariste depuis 11 ans et souhaitais changer de branche. Titulaire du permis B, j’ai exploré le domaine du transport car j’avais entendu parler des nouvelles boîtes de vitesse automatiques et robotisées, qui offrent de nouvelles possibilités aux personnes en situation de handicap. Ce projet tombe à pic. J’ai rencontré, lors du forum de Brest, les partenaires de ce projet. J’ai fait des essais sur le simulateur de conduite et du coup, ce rêve devient possible. Avec Marie-Christine Guilgars, ergothérapeute et ergonome, nous avons étudié les adaptations nécessaires. J’envisage de passer les différentes étapes vers le permis de conduire C. J’ai passé l’évaluation aujourd’hui et ai réussi. J’ai eu deux tests. C’est très impressionnant : il faut gérer de nombreux imprévus comme un passant qui traverse, une voiture qui débouche, un ballon d’enfant, des freins qui lâchent dans une descente à 140 km ! J’ai aussi passé les évaluations techniques avec une remorque, cette fois en situation réelle sur un camion : bâchage, débâchage, accrochage, décrochage. Tout est désormais validé. Dès que j’aurais reçu le bilan de cette journée, je monte un dossier complet que je soumettrai au médecin de la préfecture. Il devra valider le projet. Si j’obtiens mon permis de conduire C, pourquoi ne pas poursuivre vers le E(C), conduite de poids lourds plus importants. »

Kevin Perche, 28 ans : « Après sept ans de restauration, j’envisage de passer en contrat professionnel et un permis de conduire transport en commun avec l’AFT-Iftim. Je suis titulaire du permis B depuis six ans. Ce projet est une opportunité formidable puisqu’il permet aux personnes en situation de handicap de passer ce permis, avec des aménagements spécifiques. J’ai passé le premier test. C’est complètement différent d’une voiture ! Les premiers exercices, on panique un peu. On s’adapte très vite. Le formateur ne fait pas de cadeaux : il nous arrive un nombre impressionnant d’imprévus au quart d’heure. À l’issue de la sélection, je souhaite entrer en formation pour obtenir mon permis. Je chercherai ensuite un emploi dans la région rennaise dans une compagnie de transport de voyageurs. La vie continue ! »

CONTACT

Yves Deniaud – Catalys-Conseil – 06 82 07 83 41

yves.deniaud@catalys-conseil.fr

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